Capharnaüm

Capharnaüm

Julie DRUOT

La salle s’assombrit, les chuchotements cessent, l’écran s’allume et Capharnaüm commence. Bien installés dans leur siège rouge en velours, les spectateurs découvrent la vie torturée de Zain, un garçon d’à peine douze ans qui attaque ses parents en justice pour lui avoir donné la vie. S’ensuit un enchaînement de scènes en flash-back d’une durée de deux heures afin de plonger entièrement dans son histoire.

Les yeux rivés sur l’écran et la gorge serrée, le public encaisse les scènes les unes après les autres, chacune plus dure et plus noire. On ne veut pas y croire. On ne veut pas croire à ce destin tragique qui pousse Zain à vivre des choses que même les plus téméraires n’oseraient imaginer.

Capharnaüm, retrace de manière plus que réelle le quotidien de cet enfant libanais perdu dans le chaos, en quête de son identité. Fracturé par les conflits familiaux et notamment la séparation avec sa sœur, le bout du tunnel paraît lointain pour Zain. Le chemin tortueux qu’il suit vers un avenir meilleur est semé d’embuches et d’épreuves. Se battre, dealer, voler, lutter contre la mort, il est tant de choses qui ne correspondent pas à un enfant de cet âge mais que Zain semble dominer avec courage.

Le film qui sort en salle ce mercredi, provoque une réflexion profonde chez chacun sur des thèmes actuels tels que le mariage forcé, la pauvreté, la guerre civile, les réfugiés ou encore la xénophobie. Il met au défi chaque personne insensible de ne pas se prononcer en faveur des victimes de ces maltraitances. Capharnaüm laisse sans voix, Capharnaüm provoque, Capharnaüm émeut, Capharnaüm dénonce, mais surtout Capharnaüm réveille en chacun ce sentiment d’humanité qui impulse à changer le monde. 

Un chef d’œuvre nécessaire.