Début des études = fin des soins ?

Début des études = fin des soins ?

Léa DUCLAUD

En ce moment, la précarité est un réel sujet de débat dans notre société. Le mouvement des gilets jaunes a débuté en raison de la trop grande pauvreté de certains français. Aujourd’hui, la colère monte aussi chez les étudiants, souvent contraints d’allier temps d’études et temps de travail pour survivre. En conséquence,nous pouvons remarquer qu’en France, 20% des étudiants ont déjà renoncé à se soigner, en raison de leur précarité.

Un contexte favorable à ce pourcentage

Depuis le 1er Octobre 2017, les aides personnalisées au logement (APL) ont été réduites de cinq euros. Cette décision touche particulièrement les étudiants, qui sont des bénéficiaires majeurs de cette aide gouvernementale. Cette baisse permettrait à l’Etat d’économiser 32,5 millions d’euros chaque mois mais oblige les huit cent mille étudiants bénéficiaires à faire de plus en plus attention à leurs dépenses. Le loyer des logements augmente mais les APL diminuent; voilà de quoi provoquer la colère de certains.Enfin, la réforme des retraites prévue par Emmanuel Macron fait débat. Les étudiants se sentent une nouvelle fois attaqués et voient leur avenir devenir incertain.Ces différentes décisions, couplées au coût de la vie étudiante en continuelle augmentation, sont propices à la précarité étudiante, et aux conséquences qui en découlent.

Le refus des soins

Il est tout d’abord important de rappeler que, depuis le 1er Janvier 2016, toutes les personnes résidant ou travaillant en France ont leurs dépenses de santé prises en charge; il s’agit de la «protection universelle maladie». De plus, les enfants mineurs de ces personnes sont aussi couverts. Cependant, il peut y avoir des inégalités au niveau des couvertures sociales. Un parent en difficulté et qui n’aura pas une bonne couverture de ses soins ne sera pas en mesure de couvrir correctement les frais médicaux de ses enfants. En effet, il n’existe plus de sécurité sociale étudiante depuis la rentrée de 2019; chaque étudiant est donc rattaché au régime de ses parents. Des inégalités se retrouvent chez les étudiants. Les plus pauvres sont parfois tentés de ne pas se soigner pour économiser, d’autres en n’ont tout simplement pas les moyens.Il existe, malgré tout, des mutuelles étudiantes qui permettent de couvrir les dépenses que ne peut rembourse rla sécurité sociale. Depuis qu’il n’y a plus de sécurité étudiante, il est conseillé de souscrire une mutuelle étudiante complémentaire. Il existe des mutuelles plus ou moins onéreuses en fonction des besoins de chacun. En cumulant les taux de remboursement de la sécurité et une mutuelle étudiante, les prestations de remboursement sont bien supérieures.

Les étudiants manifestent en ce moment en raison de leur précarité grandissante. La santé, pôle où les dépenses sont souvent importantes, occupe leurs préoccupations. Les mutuelles étudiantes sont là pour pallier le manque de remboursement de la sécurité sociale, mais restent payantes. Pour les plus précaires,le choix de ne pas se soigner semble évident puisqu’il s’agit de quelque chose de moins important face aux dépenses allouées au loyer, à la nourriture et au transport, restant prioritaires.

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