Deux hommes, un label

Deux hommes, un label

Crédit photo : Rodrigue Monnereau 

Le premier suit un double cursus d’Art et Culture entre l’ICART et l’Université de Maastricht. Le second est en deuxième année à l’école polytechnique fédérale de Lausanne. Ensemble, passionnés par la musique, ils ont créé leur propre label : le label SilkBird Records. Nous les avons interviewés.  

Tintamarre : Qui se cache derrière le label SilkBird Records ? (Présentation, passions, études, rôle dans le label…) 

Oscar : Je suis étudiant en deuxième année à l’école polytechnique fédérale de Lausanne. Je dirais que les choses qui me passionnent le plus — et ce à quoi je passe le plus de temps — sont la musique, évidemment, la littérature et l’informatique (objet de mes études).

Rodrigue : Je suis aussi dans ma deuxième année d’études supérieures, je poursuis un double cursus d’Art & Culture entre l’ICART et l’Université de Maastricht. Je donne beaucoup de mon temps à la musique également, numérique ou live. J’adore écrire. Je me passionne des multiples formes que peut prendre la réflexion artistique (arts visuels, sonores).

Tintamarre :  Pourquoi avoir voulu créer votre propre label ? 

Oscar : J’imagine que c’est l’envie de créer indépendamment des grands groupes de musique déjà existants, sans attendre leur approbation (ce qui peut être très long), et ainsi pouvoir nous produire nous-mêmes, car il suffit, finalement, de peu de moyens pour produire quelque chose de qualitatif. J’ai l’impression que c’est presque une tendance de créer son propre label, au vu de nombreux rappeurs qui s’adonnent à la tâche (e.g. Nekfeu, Alpha Wann…) ; néanmoins, nombreux sont ceux qui finissent tout de même sous l’autorité desdits grands groupes…

Rodrigue : Pas grand chose à ajouter. Pour moi, c’est avant tout une aventure trépidante que je peux vivre avec un ami de longue date, et qui, en plus de me permettre de m’exprimer artistiquement, me donne l’opportunité de me développer personnellement, d’acquérir des compétences techniques en la matière. C’est aussi une manière de prendre les devants, puisque c’est un domaine dans lequel j’aimerais évoluer avec le temps.

Tintamarre : Qu’est-ce que vous aimez dans la musique ? 

Oscar : C’est une question assez large, et dans laquelle on peut entrer dans beaucoup de détails. Mais je pense que ce serait vite pédant d’expliquer ça profondément ; banal de dire que j’aime créer, explorer.

Rodrigue : Avant tout, ce que j’adore, c’est ressentir les émotions intenses qu’elle me procure. L’écriture et la poésie me semblent aussi particulièrement attirantes en tant que moyens d’exprimer, sur des compositions musicales, nos névroses les plus profondes qui sont compliquées à cerner autrement.

Tintamarre : Quels sont les artistes que vous souhaitez produire ? 

Oscar : Si vous parlez de nous en tant que label, personne en particulier, puisque, initialement, on cherchait à pouvoir nous produire nous-mêmes et pourquoi pas d’autres artistes « émergents ». En tant que producteur (dans le sens musical, et pas financier) de l’EP qui va sortir, j’aurais la même réponse, même s’il est largement possible que je saisisse certaines opportunités si elles venaient à se présenter à moi. Mais, a priori, je ne « vise » personne.

Rodrigue : Comme l’a fait Oscar pour cet EP, j’aimerais pouvoir prendre la position de compositeur avec d’autres artistes émergents afin de leur apporter l’autre aspect de ma vision. Au-delà de ça, je pense co-écrire, produire, ou diriger artistiquement les projets qui me semblent intéressants.

Tintamarre : Rodrigue, votre label va produire votre premier EP. Parlez-nous un peu de votre parcours créatif pour cet EP.  

Rodrigue : J’ai pu allier mon souhait personnel de sortir un EP avec notre volonté collective de concrétiser la musique, du moins du point de vue traditionnel du schéma de production musicale, pour l’exposer au plus grand nombre d’intéressés. Pour moi, c’était très excitant en tant qu’auteur-interprète de pouvoir allier mon écriture et ma vision du projet aux compositions d’Oscar, sa rigueur dans la production (sens musical), et son savoir dans ce domaine. Bien que le processus de production de l’EP ait débuté il y a quelques mois, ça fait des années qu’on partage notre passion musicale, alors c’était aussi un moyen de concrétiser cette alchimie professionnelle. Au niveau de toutes les contributions que j’ai pu faire au projet, tant dans l’écriture que dans les directions artistiques qu’il pouvait prendre, je pense avoir voulu transmettre des idées sincères et poétiques qui pouvaient se marier avec le côté musical afin de conduire l’auditeur à concevoir la force émotionnelle de la musique.

Oscar : Si je puis me permettre, le fait que la question ne soit adressée qu’à Rodrigue révèle un problème musical moderne (et je ne vous blâme pas de faire cette faute) : avant, s’adresser uniquement à l’artiste était pertinent, puisqu’il était également souvent compositeur ; maintenant, les « artistes » ne sont que rarement compositeurs, et parfois même pas auteurs (donc uniquement interprètes) ; par conséquent, je trouve que ne pas reconnaître la place du producteur dans le processus créatif est particulièrement problématique aujourd’hui. Cependant, dans notre cas, cela a été une collaboration musicale congruente, cohérente et productive, et je pense que nous avons eu, tous deux, autant d’influence sur ce que nous avons créé.

Tintamarre : Quels sont vos futurs projets après cet EP ? 

Oscar : Nous verrons bien. En ce qui me concerne, j’aimerais plutôt me concentrer sur mes propres projets, plutôt qu’à la production d’autres musiciens. Cependant, pas mal d’autres morceaux avec Rodrigue n’attendent que de paraître.

Rodrigue : Pouvoir me servir de notre label comme une plateforme de diffusion, continuer à écrire, composer, et collaborer avec d’autres artistes sur des compositions. J’aimerais aussi toujours avoir une touche d’Oscar dans ces derniers, puisque c’est mêler nos deux visions qui fait le fondement du label. Ce n’est que le premier pas, pour moi, vers un univers inconnu dans lequel je ne suis qu’un nourrisson.