Eloquentia, de retour à Bordeaux !

Eloquentia, de retour à Bordeaux !

Dans un mois, le concours d’éloquence débutera, pour donner la parole aux jeunes bordelais, étudiants, salariés, sans emploi, chacun y trouvera une place.

Quand et comment va se dérouler le concours cette année ?  

Avec le Covid, pour l’instant toutes nos formations sont en distanciel. On croise les doigts mais pour février elles se feront en présentiel dans les locaux de Kedge Business School à Talence. Et pour le concours, on fait tout pour pouvoir le faire en présentiel, c’est une partie importante de l’éloquence, la façon d’être sur la scène. Chaque année il se déroule en cinq tours, cette année du 13 mars à la finale le 24 avril. On a trois tours à huit clos, on donne un sujet une semaine à l’avance aux participants, on impose un sujet et la position. On impose soit la négative, soit la positive. Ils ont entre 7 et 8 minutes pour s’exprimer. Ensuite, les candidats passent devant un jury de professionnels : des avocats, des metteurs en scène, des comédiens, des coach vocaux, des sophrologues.  Pareil pour les deuxièmes et troisièmes tours. Pour le mois d’avril, la finale et la demi-finale, on organise ça comme un show, avec un artiste en première partie pour chauffer l’ambiance. L’année dernière on avait eu une troupe d’improvisation qui avait pu faire participer le public. Ensuite, on organise un « duel ». Bon, ça n’a de duel que le nom, ça se fait en toute bienveillance, c’est juste que l’un défend le point de vu négatif et l’autre le positif. Et ensuite le jury décide et élit au fur et à mesure le plus grand orateur de gironde. Puisque Eloquentia Bordeaux est le plus grand concours d’éloquence de gironde.

Eloquentia est un concours exclusivement girondin ?

Eloqentia Bordeaux est l’une des quinze antennes d’Eloquentia France. Eloquentia a été créé en 2012 par Stéphane de Freitas qui est un activiste et artiste. Eloquentia, pour lui, a pour but de donner la parole à tous, même à ceux à qui on ne donne pas la parole en général. Le projet est d’ailleurs né à Saint-Denis. Les valeurs qui l’entourent sont : écoute, bienveillance et respect, c’est très important pour nous. Eloquentia Bordeaux a été créé il y a quatre ans, nous aussi on essaie de toucher tous les milieux. Que ce soit les personnes scolarisées, déscolarisées, en recherche d’emploi…etc. Les formations sont ouvertes à tous, il n’y a pas de sélection. Seulement pour le concours il faut avoir entre 18 et 30 ans. Tout est gratuit, les formations comme le concours. C’est un projet social avant tout et on en a conscience, l’argent est un facteur discriminant.

Qui sont les formateurs ?

Ce sont des bénévoles. Chaque antenne à ses formateurs. Ce sont des coach vocaux, avocats, sophrologues et nous avons eu notamment François Tardi, un metteur en scène et acteur, grand fidèle d’Eloquentia. On démarche un maximum d’univers. À Bordeaux on travaille aussi avec Maras un rappeur bordelais.

Quels sont les critères pour réussir le concours Eloquentia ?

Eloquentia est un concours de prise de parole en réalité, pas vraiment d’éloquence. Toutes les prises de paroles sont bonnes à prendre. Ça peut être un discours classique, de la poésie, du slam même sur de la musique, il n’y a pas de mauvaises prises de paroles. Le fond et la forme du texte sont jugés mais il n’y a pas besoin d’avoir d’expérience, il y a tous les niveaux. On a des étudiants en droit qui sont déjà très familier de l’éloquence mais on a aussi de grands timides qui n’ont jamais pris la parole en public, le but étant de leur donner confiance. C’est une expérience avec des professionnels qui donnent leurs retours. Qu’ils soient positifs ou négatifs mais toujours dans la bienveillance.

Avez-vous une volonté de respecter une parité que ce soit chez les candidats ou le jury ?

Alors, on essaie. Au niveau du jury Eloquentia France nous recommande d’avoir 50 % de femmes et 50 % d’hommes, honnêtement, nous, on a du mal. Dans les métiers du droit ont a plus de facilité à avoir des hommes plutôt que des femmes. Au niveau des candidats, on a absolument aucune sélection, la parité est juste dans les gens qui veulent bien venir. On touche beaucoup les étudiants pour le moment mais on a encore du mal à contacter des personnes qui ne sont pas étudiants. On essaie de créer plus de diversité chez les participants. Cette année, on a contacté les pôles emplois de Bordeaux et on est en contact avec la fondation d’Auteuil.

Intégrez-vous des candidats étrangers au projet ?

C’est un concours francophone, il faut absolument parler français. Mais pour ne pas marcher sur les pieds des autres Eloquentia on s’est fixé une règle : on doit soit étudier, soit résider en gironde. Mais les candidats étrangers qui répondent à ces conditions sont les bienvenus évidemment.

Comment le projet est-il financé ?  

On n’a pas de sponsors mais on a des subventions. Eloquentia Bordeaux est né dans les locaux de Kedge Business School à Talence, cette école nous donne des locaux et une subvention qui nous permet de défrayer les personnes qui viennent. Les intervenants sont bénévoles mais s’ils viennent de Paris ou d’ailleurs, on défraie leurs transports. Eloquentia France également nous aide financièrement.

Les sujets proposés ont-ils un lien avec l’actualité ?  

On aimerait bien mais on ne sait pas si c’est une bonne chose. On a une multitude de sujets plus ou moins classiques. Incorporer l’actualité peut être une bonne chose mais c’est assez sensible. Certains sujets peuvent être un peu lourds.

Vous parlez de donner confiance aux jeunes en leur accordant la parole, est-ce que la compétition pour vous est vraiment une manière de donner confiance ou est-ce que cela peut produire l’effet inverse ?

On essaie justement d’effacer au maximum cette « compétition ». Comme je l’ai dit, nos valeurs principales sont : respect, écoute, bienveillance, c’est des choses qu’on dit dans nos masterclasses, et aux intervenants. Évidemment il y a des gagnants et des perdants, mais le but n’est pas de créer une hiérarchie entre eux, on veut créer une ambiance bienveillance. Osez venir, on peut participer aux masterclasses et pas au concours en plus, il n’y a aucune obligation !

Johanne Chanca

Crédit photo : Eloquentia