Enquête du CNL : la lecture des Français.e.s en baisse

Enquête du CNL : la lecture des Français.e.s en baisse

Le 29 mars 2021, le Centre National du Livre a publié son enquête bisannuelle « Les Français et la lecture ». Cette enquête menée par Ipsos (entreprise de sondage française) est basée sur quatre vagues de 1000 interviews téléphoniques. Le lectorat a été catégorisé selon l’âge et le genre des personnes interviewées. L’étude démontre une baisse globale de lecture sur la quasi-totalité des genres littéraires, mis à part les livres de reportage d’actualité, qu’importe l’âge et qu’importe le genre du lectorat, bien que beaucoup plus de Français.e.s ont eu le sentiment d’avoir plus lu que les années précédentes.

Cette baisse de la lecture peut s’expliquer, par la fermeture des librairies, rayons livres et bibliothèques suite aux mesures sanitaires. À ceci vient s’ajouter une contraction du temps de loisir puisque 41% des Français.e.s déclarent avoir moins de temps pour eux-mêmes depuis le début de l’épidémie. L’obligation de rester chez soi a bouleversé les habitudes, ainsi le temps de travail est venu empiéter sur le temps de loisir. Cette infiltration du temps de travail sur le temps de loisir a donné un sentiment de lire plus qu’auparavant, les lectures étant faites pour le télétravail. Néanmoins, le lectorat reste très attaché aux lieux que sont les librairies et valorise toujours la lecture pour l’apport de connaissance et la détente qu’elle peut procurer.

Cette enquête pointe également comme frein à la lecture, le manque de temps ainsi que la concurrence d’autres loisirs et notamment le temps passé sur les écrans. Malgré cela, des leviers d’incitation à la lecture deviennent plus importants, comme les lectures plus faciles, mais aussi les avis sur Internet et les discussions sur les réseaux sociaux.
Pour illustrer cette étude à notre échelle, nous avons interrogé une dizaine d’étudiants sur leur consommation de livre en 2020. La majorité d’entre eux a déclaré ne pas avoir observé de changement dans leur consommation de livres entre 2020 et 2019. Pourtant, parmi ce lectorat, deux camps se sont composés lorsqu’il s’agit de se procurer des livres : d’un côté, celles et ceux dont l’envie et la possibilité de lire se sont décuplées et de l’autre le parfait opposé.

Pour Manon, étudiante en sciences politiques, c’est l’envie d’acheter et d’emprunter qui s’est décuplée, en plus d’une nouvelle habitude d’emprunter plus de livre avant le début de chaque confinement. C’est aussi le cas pour Nausica, étudiante en création littéraire, qui a emprunté jusqu’à une cinquantaine de livre pour le deuxième confinement, ou bien encore le cas de Jérémy, étudiant en cinéma, qui confie laisser une grosse partie de son salaire dans la consommation de livre.
De l’autre côté, Julie, étudiante en anthropologie, nous dit que les mesures sanitaires, comme le couvre-feu, ont grandement impacté sa consommation notamment à cause des cours se finissant à 18 h ou 19 h, ne lui laissant pas le temps de se rendre dans les bibliothèques ouvertes. Pour Léa, étudiante en cinéma, le fait ne plus pouvoir se rendre dans la librairie Mollat ou à la Fnac de Bordeaux a beaucoup restreint sa consommation.

La tendance de l’enquête montrant que ce sont les livres dit « utiles » qui ont été les plus lus, se confirme avec notre panel d’étudiant.e.s, puisque leur consommation de livre est principalement faite pour leurs études.

Laure Ricochon

Crédit photo : Enquête CNL