Erasmus en temps de Covid, ça donne quoi ?

Erasmus en temps de Covid, ça donne quoi ?

 

 

 

Cloîtré entre les quatre murs de votre chambre, la tête devant votre écran d’ordinateur depuis septembre dernier, vous rêvez d’horizons lointains, de nouvelles rencontres et d’expériences exaltantes loin de votre quotidien actuel. Mais avec la pandémie, pas facile de se projeter à l’étranger tant la mobilité internationale a été ralentie : frontières fermées, mesures sanitaires et confinements n’aident pas ceux qui souhaitent se lancer dans un séjour d’étude à l’étranger. A-t-on toujours envie d’ailleurs ? Et qu’en est-il de ceux qui l’ont vécu ? Témoignages

 

 

Une situation sanitaire qui laisse place aux doutes

 

Quelques mois après avoir déposé votre dossier Erasmus, vous recevez enfin le mail décisif. C’est écrit noir sur blanc, « Votre vœu n°1 est sélectionné ». L’année prochaine, vous vous envolerez pour l’étranger ; mais après l’excitation de la nouvelle vient l’inquiétude. Vous avez oublié le temps d’un instant, mais le monde est figé par un virus depuis plus d’un an. Et les nombreuses restrictions viennent finalement ternir l’idée que vous vous faisiez d’un échange universitaire. Malgré tout, l’espoir et l’optimisme vous gagnent. Vous vous dites une seule chose : à la rentrée, ça sera fini.

 

En deuxième année de licence information-communication, Zoé part à Bournemouth pour un semestre à la rentrée 2021. Elle affirme vouloir partir pour vivre « une expérience comme il n’y en a pas beaucoup ». Pour Zoé, le Royaume-Uni, c’est aussi une envie depuis son plus jeune âge « J’ai toujours voulu partir au Royaume-Uni, depuis que je suis toute petite je dis à mes parents, “plus tard je vivrai à Londres”, j’avais 10 ans quand je leur disais ça et c’est toujours resté une sorte de blague ». Plus largement, elle avoue aussi que la situation sanitaire actuelle n’a fait qu’affirmer son envie de candidater pour une mobilité : « [Sans la pandémie], il n’y aurait pas eu une envie de partir et de changer d’horizon […] Avec les confinements, les cours à distance, j’en ai un peu marre de rester chez moi, de ne rien faire. J’ai envie de vivre de nouvelles expériences ». 

 

Toutefois, les doutes liés au virus persistent « je ne sais pas trop comment ça va se passer, si on est à distance, pour rencontrer des gens ça va être compliqué, donc j’espère que là-bas on va reprendre les cours en présentiel. ». L’idée d’une mobilité en distanciel, sans découvertes et rencontres ne semble pas trop l’enchanter mais « c’est une expérience, ça se tente » déclare-t-elle. Des facteurs déterminants puisque selon un sondage de la Commission Européenne, 55% des étudiants préfèrent reporter ou annuler leur séjour en raison de la situation sanitaire actuelle.

 

Une expérience enrichissante

 

De retour en France, Marion revient d’une mobilité d’un an en Espagne à Séville. Partie lors de sa 3e année de licence, c’est parce qu’elle voulait « apprendre une nouvelle langue et côtoyer des personnes d’une culture différente » à la sienne qu’elle a choisi de candidater pour une mobilité. La Covid-19 n’était pas encore de la partie lors de sa candidature, mais la découverte, le partage et les rencontres étaient des points particulièrement attendus par l’étudiante.

 

Le second semestre fut plus compliqué pour Marion car en grande majorité composé « de distanciel [et sans]ce côté partage de la langue […] partage de la culture ». Sur le plan scolaire, entre les problèmes de connexion et un professeur touché par le virus, absent pendant 4 mois sans remplaçant, il faut savoir rester positif. Au niveau personnel, elle se présente comme une personne solitaire et optimiste qui sait se tenir occupée, ce n’est donc qu’un mois et demi après le début du confinement qu’elle a ressenti les premiers manques de contact humain « Le confinement n’a pas été trop difficile pour moi » se confie-t-elle. Avec la pandémie son second semestre à l’étranger a quelque peu été entaché mais, malgré tout, l’apport personnel et scolaire de sa mobilité est plus que jamais ancré dans sa mémoire : « [J’ai] un réseau international avec qui je garde des liens forts pour certains, des découvertes culturelles, des nouvelles façons de voir le monde […] de beaux souvenirs, des envies de voyage et d’apprentissage de langues » 

 

Alors même si à ce jour le monde est toujours sous cloche et sous l’influence du virus, Marion encourage vivement tous ceux qui le souhaitent à sauter le pas : « Allez-y ! Etudiez, faîtes la fête, rencontrez des personnes d’autres origines, découvrez de nouveaux territoires et de nouvelles cultures, donnez-vous des défis et vivez votre jeunesse !!! » 

Vous savez ce qu’il vous reste à faire… 

 

Noa Darcel