La Belle endormie en plein cauchemar

La Belle endormie en plein cauchemar

Alors que les Girondins de Bordeaux restent sur une infâme série de 10 défaites sur les 12 derniers matchs et sont sportivement menacés de descente, c’est maintenant l’actionnaire principal King Street qui, dans un timing qui laisse à désirer, a lâché le club mythique au scapulaire à cinq journées de la fin du championnat. Suite à ça, le président Frédéric Longuépée a immédiatement placé le club sous la protection du Tribunal de Commerce de Bordeaux. Ce désengagement met grandement en péril ce monument du football français qui, dans un scénario catastrophe, pourrait se voir descendre en Nationale 3 (5ème division). 

 

C’est un après-midi d’avril banal, où l’actionnaire principal King Street a décidé dans un communiqué relié sur le site officiel du club, d’annoncer son désengagement total des Girondins de Bordeaux. Dans ce communiqué ils expliquent qu’ils ne veulent plus soutenir cette institution et que l’affaire avec Médiapro, et la Covid-19 ont fortement accéléré la décision. Outre la manière, c’est le timing qui interpelle, en effet il ne reste que cinq journées de championnat et les marines et blancs (16ème) se trouvent dans une position qui ne leur est pas commune, celle de jouer le maintien. Un nouveau coup sur la tête sur l’ensemble des acteurs bordelais en passant des joueurs jusqu’aux supporters. Plusieurs anciens du club ont également réagi à cette actualité, Bixente Lizarazu exprimait son « dégout », tandis qu’Alain Giresse se sentait « trahi » et que Christophe Dugarry allait jusqu’à traiter « d’ordures » les américains de King Street. D’autres anciens acteurs mythiques des girondins apportaient leur soutient comme notamment Zinedine Zidane.

 

Les supporters déclarent l’union sacrée

Les supporters et notamment les ultramarines qui sont en guerre ouverte contre le président Frédéric Longuépée depuis son arrivée au pouvoir, ont demandé immédiatement le départ de ce dernier et ont proclamé l’union sacrée lors d’un rassemblement ce samedi 24 avril sur la place Pey Berland. Ce rassemblement populaire a réuni pas moins de 1500 amoureux du FCGB, venues scander leur désarroi envers la direction et transférer toutes leurs forces au groupe girondins parti pour un stage commando en Bretagne où ils affronteront dimanche l’équipe de Lorient pour un match capital pour le maintien.

En effet, les marines et blancs ne comptent que seulement quatre points d’avance sur les merlus et cinq sur Nîmes, premier reléguable et qui pousse pour revenir. Ce mini-stage aura donc pour but de mobiliser tout un groupe en perdition et de tout faire pour sauver le club au moins sportivement ce qui, en cas du contraire, serait un énième coup dur pour ce club historique du championnat de France.

 

Les quatre scénarios possibles

Comme évoqué précédemment, le club est en grand danger administratif et risque la faillite, dans l’absolu voici les quatre scénarios possibles lors des prochaines semaines.

N°1 : Le plus dramatique : le club dépose le bilan avant la fin de la saison et il faut recalculer le classement de la L1 sans Bordeaux. Tous les points obtenus contre le club bordelais sont annulés et les Girondins sont évidemment rétrogradés.

N°2 : La procédure actuelle débouche sur un dépôt de bilan et le club est rétrogradé administrativement en Ligue 2 à l’issue de la saison.

N°3 : Le club dépose le bilan, mais un repreneur reprend toutes ses dettes. Le club perd alors quinze points au classement.

N°4 : La plus favorable : un repreneur arrive tout de suite et le club reprend normalement son activité.

 

La survie des Girondins de Bordeaux se passera sur tous les plans en cette fin de saison. Si son existence est incertaine, son maintien dans l’élite nationale l’est tout autant. Bordeaux a besoin de solutions et il devra les trouver rapidement.

 

BAPTISTE FAUTHOUX

Crédit photo : diabatee33/twitter