Les mots confinés

Les mots confinés, une initiative du service culturel du CROUS de Bordeaux 

En cette période de crise sanitaire, le président Emmanuel Macron avait annoncé un nouveau confinement vers la fin du mois d’octobre qui devrait se tenir jusqu’au 1er décembre 2020. Comme beaucoup d’autres secteurs, cette année l’enseignement supérieur français est touché par les multiples décisions du gouvernement. En effet, les étudiants sont de nouveau confinés comme au printemps dernier sur tout le territoire de l’Hexagone. Entre étude à distance, pandémie, confinement et trêve à venir, le service culturel du CROUS de Bordeaux a organisé une intervention artistique destinée aux étudiants confinés dans leur résidence universitaire. Les samedi 28 et dimanche 29 novembre 2020, les campus de Pessac et de Talence ont été le théâtre des mots confinés. 

Le temps d’une bouffée d’air frais, les étudiants confinés des campus ont ouvert leur cœur et leurs fenêtres pour estimer le passage du Crieur. Microphone en main, comme Jean le Baptiste dans le désert, ce dernier a démarré son immixtion dans l’après-midi calme et silencieux du 28 octobre. Mais en donnant aux mots des ailes, le Crieur du campus a posé les jalons de l’interaction avec les résidents confinés. En effet, les étudiants n’ont pas tardé à tendre l’oreille et à jeter un œil pour apprécier le moment présent à sa juste valeur.

Carte blanche aux artistes de Street DEF Records 

Du slam, des impros, du beatbox et de la musique étaient au rendez-vous avec les artistes de Street DEF Records. Le temps de transmettre des ondes positives et de la chaleur humaine, même à distance, à raviver des souvenirs de soirées d’étudiants avant monsieur Covid-19. Respirer ce challenge qui semble lointain était une expérimentation pour pallier aux conséquences psychologiques de cette période. 

Ce n’est pas sans émoi pour tous ces beaux artistes qui ont donné le meilleur d’eux lors de spectacle quand on sait comment cette année a terriblement atrophié la culture, que l’attention a été retenue par une jeune étudiante depuis la fenêtre de son logement. En criant le nom de son pays, de sa capitale « Espagne, Madriiiid ! », et quelques autres vocables hispaniques inaudibles pour des oreilles chastement francophones, d’autres résidents confinés ont répondu à l’appel à participation de Maras, l’un des artistes du groupe. Des mots ordinaires, d’espoir, d’arc-en-ciel et hors du commun ont parfumé l’air frisquet de cette période automnale.

Selon les initiatrices – Jeanne et Eva – de projet, le service du CROUS de Bordeaux qui organise les événements culturels à l’intention des étudiants a pour objectif de lutter contre l’isolement pendant ces temps incertains. Elles ont dû rebattre les cartes pour proposer cette activité pendant ce nouveau confinement. Mais en temps normal, les étudiants bordelais ont un café culturel et des salles de musique dénommé l(S) pace pour se recueillir. Quant aux possibilités de confinement à venir, d’autres projets, telle une chorégraphie de danse pré-enregistrée, sont en perspective pour permettre aux étudiants de s’épanouir et de rester connectés par les arts en général et la culture.  

Eunice Eliazar