Louka Viala

Louka Viala

Louka VIALA : « Le but est d’éviter que la pandémie nous coupe les jambes » 

Ce jeune rugbyman âgé de 18 ans, passé par Montpellier et Narbonne au début de sa jeune carrière, a débarqué au Rugby Club du bassin d’Arcachon pour cette nouvelle saison. Malgré la crise sanitaire, ce néo-aquitain vivant à Bordeaux, mesurant 1m86 pour 82 kg a su s’acclimater à son nouvel environnement et regorge d’ambitions pour l’avenir. Un vent de positivité qui fait du bien. Humble et déterminé, Louka VIALA nous raconte son mix entre sport et études qui lui réussit si bien. 

On parle beaucoup de la santé mentale des étudiants en ce moment. Comment vas-tu ? 

LOUKA. VIALA. Moi ça va très bien, je n’en souffre pas trop. 

Tu es en première année d’un DUT communication option communication des organisations, comment se passe les cours pour toi actuellement ? 

L. V. Tous mes cours sont en distanciel, ça se passe bien ça ne me dérange pas du tout, je suis chez moi à Bordeaux, c’est cool. 

Pourquoi cette formation ? 

L. V. Tout d’abord, la communication m’a toujours intéressé. Tout ce qui est communication sportive, entre agent de joueur, gérer la communication d’un club ça me plaît beaucoup. Je suis également parti l’été dernier travailler deux mois en Angleterre, où j’ai œuvré dans des festivals et c’était une superbe expérience. J’ai vu ce que faisait le personnel de l’organisation, de la communication ça m’a donné beaucoup d’idées. La communication événementielle : c’est un domaine intéressant. 

Pourquoi Bordeaux ? C’était uniquement pour les études ?

 L. V. Non j’ai postulé dans de nombreux IUT, mais je voulais absolument être près de l’océan, car j’adore également le surf. Bordeaux c’était l’idéal pour les études et avec le club d’Arcachon qui m’a proposé de signer chez eux c’était parfait car on est à côté de l’océan. Le surf ça me permet de décompresser. 

Parle-moi de ta carrière et de ton profil de rugbyman. 

L. V. Je suis actuellement dans le club d’Arcachon qui évolue en Fédéral 1 qui est le 3ème niveau national. Je suis passé par Montpellier étant plus jeune puis, à partir du lycée, je suis allé à Narbonne pour continuer ma carrière là-bas. Je joue ailier et arrière, ça me demande de beaucoup courir et d’être assez explosif.

Tu penses que ton jeune âge est un frein pour jouer en équipe première ? 

L. V. De base, je devais jouer avec les moins de 19 ans. Puis on m’a rapidement intégré dans le groupe espoir des 19/23 ans. Et je fais partie des quelques joueurs du groupe qui peuvent avoir accès à l’équipe première. J’ai énormément de chance, car c’est très rare d’avoir 18 ans et de pouvoir jouer avec l’équipe 1. 

Comment s’est déroulée ton intégration sportive au sein du club ? 

L. V. Mes coéquipiers ont été tout de suite très accueillants avec moi, cela m’a beaucoup aidé. Au début de saison j’ai quand même eu un peu de mal au niveau du jeu, il a fallu d’abord que je m’impose dans l’équipe espoir qui n’était déjà pas ma catégorie d’âge. Malheureusement, au moment où j’ai commencé́ à me faire ma place, il y a eu le Covid. Et pas de match tant qu’il y a un cas contact dans l’équipe, du coup on ne jouait quasiment plus… 

Dans un contexte si particulier, comment se sont déroulés les premiers matchs de la saison ? 

L. V. Au tout début, on est allé jouer à Rennes, Niort où il y avait du public. On a fini notre dernier match à Limoges où le public ne pouvait déjà plus venir et très peu de temps après les matchs étaient finis. 

Bordeaux-Arcachon c’est environ 1 heure de route. Tu fais le déplacement tous les jours pour t’entraîner ?

 L. V. Non pas tout le temps, les jours où ce sont des entrainements de musculation et de technique individuelle je reste à Bordeaux, je peux le faire chez moi ou sur un stade pas loin. Je ne me déplace pas tous les jours à Arcachon, mais je garde le même rythme d’entrainement que les autres joueurs. 

Depuis l’arrivée du Covid qu’est ce qui a changé par rapport aux entraînements collectifs ? 

L. V. La situation a été très progressive, en début d’année on s’exerçait normalement, mais dès qu’il y avait un cas les entrainements étaient annulés. 

Depuis, plus rien ? 

L. V. Il y a eu une période où on a recommencé à s’entrainer, mais c’était qu’entre joueurs de l’équipe qui habitaient sur Bordeaux. Ça nous permettait d’être moins nombreux et de nous retrouver plus facilement. Mais maintenant on est sur des séances individuelles, notre coach nous envoie un programme directement.

Les coachs sportifs ont beaucoup changé leurs programmes depuis la crise. C’est le cas de ton entraineur ? 

L. V. Oui, le programme est assez chargé. Le coach en profite pour nous faire travailler le physique, des exercices que l’on fait beaucoup moins pendant les séances collectives. Le but est d’éviter que la pandémie nous coupe les jambes, car on risque d’être averti seulement 1 ou 2 semaines avant la reprise des matchs et il faudra être en forme. 

Actuellement, trouves-tu encore du temps pour voir tes coéquipiers ? 

L. V. J’essaie de les voir le plus souvent possible, mais ce sont des adultes qui travaillent, et moi qui suis en cours à coté, c’est assez compliqué de trouver un créneau qui nous convient. Chacun travaille de son côté la plupart du temps. 

Quelle est ta situation actuelle au sein du club ? 

L. V. J’ai un contrat un peu spécial dans le club qui m’inscrit sur une durée indéterminée, car avec mes études je peux bouger à tout moment. Si dans le cadre de ma formation je dois partir faire un stage de 4 mois par exemple, je pourrais partir et revenir au club après les 4 mois. Ma jeunesse m’empêche de signer un contrat professionnel, car rien ne garantit que je sois efficace sur le long terme. 

Si je comprends bien, tu considères donc les études comme plus importantes que le sport. C’est bien ça ? 

L. V. Évidemment. Tout dépend de si j’explose vraiment dans le rugby, mais actuellement je privilégie les étu

Avec cette vision des choses, tu continues quand même de garder une certaine ambition dans le domaine sportif ? 

L. V. Totalement, plus loin je peux être dans le rugby, mieux c’est. J’ai énormément d’amis qui jouent plus haut que moi mais qui continuent quand même les études. Si eux ils y arrivent, pourquoi pas moi. 

Certains sportifs ont peur de l’impact de ce virus sur leur niveau physique. Est-ce ton cas ? 

L. V. Non pas du tout. J’ai vu pas mal de personnes dans mon équipe être contaminées et qui ont réussi à revenir facilement à leur niveau habituel. Par chance, je ne l’ai jamais eu, mais je n’en ai pas peur pour autant. 

Anthony Lannaud