Quelles solutions pour la dette publique en Europe ?

Quelles solutions pour la dette publique en Europe ?

Cette année, les Tribunes de la Presse passent au format 100 % numérique. Une dixième édition axée sur le monde d’après Covid. Où allons nous ? Comment ? Peut-on espérer de vrais changements ?

 

Pour la première journée de cette édition on s’est intéressés à la dette. Face à la crise sanitaire et économique en cours, que faire de la dette publique? Une question principale est ressortie, celle de la possibilité d’annuler cette dette publique. Didier Pourquery, journaliste et président du site The Conversation a mené ce débat entre Sylvie Goulard, sous-gouverneur de la Banque de France, Aurore Lalucq, économiste et eurodéputée et Benjamin Lemoine, sociologue chercheur au CNRS et auteur de l’ouvrage, L’ordre de la dette.

Réinvestir la dette dans la transition

En septembre 2020, le JDD publiait une tribune d’eurodéputé socialistes et écologistes. Aurore Lalucq signataire de cette tribune s’est faite porte parole de leurs propositions. En réponse à la crise sanitaire et au ralentissement de l’économie elle s’exprime favorable à une annulation d’une partie des titres de dettes publique détenus par la BCE depuis 2015. Avec pour condition pour les États de réinvestir ces capitaux dans la transition écologique. Une somme qui permettrait de faire face à la pandémie et de créer de nouveau emplois pour les générations futures. Aurore Lalucq précise que l’annulation est légale, rien ne l’interdit dans les traités européens.

Une mesure insuffisante ?

Pour Benjamin Lemoine, l’annulation ne serait pas suffisante. Il pointe notamment l’usage du terme « génération » : « il faut en finir avec cette idée de génération future, on n’a pas de classes sociales universelle qui serait « les générations futures » qui auraient les mêmes revenues qui serait de la même façon victimes de la dette ».

Annuler la dette selon Sylvie Goulad ne serait pas non plus suffisant. Elle pointe la responsabilité des États dans la gestion des budgets qui leurs sont attribués, et souhaite « un meilleur usage des finances publiques ». Un peu plus tôt, Benjamin Lemoine dénonçait une sur-visibilité de la dette publique dans les discours politiques qui cacherait le problème des recettes des États. Se focaliser sur la dette autour de son remboursement serait finalement un « discours piège » quand les politiques budgétaires choisissent de réduire drastiquement les impôts sur les sociétés, sur les produits ou d’en supprimer d’autres comme l’ISF.

 

Johanne Chanca