Surconsommation : la dérive de l’esprit de Noël

Surconsommation : la dérive de l’esprit de Noël

Si Noël vient à grands pas, ce n’est pas le Père Noël et son traineau que l’on voit sur les affiches publicitaires mais plutôt la promotion des opérations de remises exceptionnelles. Le Black Friday et le Cyber Monday ont déclaré la période d’achats de fin d’année ouverte, mais à quel prix ?

Initialement, le Black Friday représente aux Etats-Unis « le vendredi d’après Thanksgiving ». Il fut nommé ainsi par des policiers de la ville de Philadelphie en raison de l’affluence de la circulation engendrée par cette journée de rabais. Datant des années Si le qualificatif de « black » renvoi à des jours sinistres comme les crashs boursiers ou les attentats, il est pour la patrie capitaliste un jour férié entièrement dédié à la ruée vers la consommation. D’abord un jour de shopping national américain, l’idée séduit et traverse peu à peu l’atlantique comptant sur des phénomènes en pleine expansion comme celui de la mondialisation.

C’est ainsi que cette « tradition » est arrivée en France en 2014 et ne cesse de prendre de l’importance dans la l’ambiance festive qu’est la période de Noël. Essentiellement sur internet, le Black Friday se diversifie et on retrouve le terme « Black Friday » placardé sur toutes les vitrines des magasins. Cependant, l’essence même du Black Friday réside dans un paradoxe : celui d’opérer des réductions drastiques afin de casser les soldes habituelles et réaliser le plus de chiffre. L’ampleur du phénomène est telle que les sites réalisant ces opérations ont dépassé tous les records cette année et les enseignes s’approprient l’appellation « Black Friday » les unes après les autres afin d’écouler leurs stocks.

Seulement une action de communication d’un tel niveau s’accompagne forcément de répercussions négatives. La première est bien entendu écologique. La surconsommation est un enjeu majeur aujourd’hui que de nombreuses associations et ONG ne cessent de combattre. En parallèle du Black Friday, s’est organisée une journée baptisée « Green Friday » visant à dénoncer les effets nocifs de l’achat compulsif sur l’environnement et sensibiliser les consommateurs à des attitudes plus responsables. Passer du noir au vert en limitant le gaspillage, en ralentissant les modes comme celles du « fast-fashion » (mode qui consiste à renouveler sa garde-robe le plus vite et le plus souvent possible) tamiserait les conséquences néfastes de la surconsommation sur l’environnement.

Le Black Friday provoque une hystérie consumériste qui ne s’avère pas justifiée quand on sait qu’une étude de l’UFC Que Choisir révélait en 2015 que les consommateurs gagnaient seulement 2% de réduction en moyenne en participant à l’évènement. Un chiffre effarant au vu des milliards qui sont dépensé dans le but de faire des économies et qui profitent finalement aux grandes enseignes au détriment du commerce de proximité.

Au-delà de la dimension économique flagrante liée au Black Friday, c’est une question générale sur la dérive de notre société qui se pose. La mondialisation et ses conséquences sur nos habitudes de consommation nous tournent vers un avenir de plus en plus ancré dans l’individualisme. Là où Noël représentait un symbole sociétal de rassemblement et de partage, se forge une fête de plus en plus commerciale et consumériste.


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