Usine Ford à Blanquefort : Une fronde solidaire comme dernier rempart.
Photo : De nombreuses affiches ont été collées sur le campus de l'UBM

Usine Ford à Blanquefort : Une fronde solidaire comme dernier rempart.

Mélissa MOURROUX

Le 25 octobre dernier, les salariés de l’usine Ford, située à Blanquefort, ainsi que leurs soutiens se sont mobilisés dans les rues de Bordeaux afin de protester contre la fermeture prochaine de leur usine.

L’annonce de la fermeture de l’usine Ford n’est pas nouvelle, loin de là. Cela fait maintenant plusieurs années que l’usine se sait menacée, mais depuis plusieurs mois la menace tend à se concrétiser. En effet, le siège administratif de Ford favorise la solution de la fermeture définitive plutôt que celle d’un rachat par un repreneur, même si ce dernier a été trouvé. Ce refus a même alerté le ministère de l’économie et Bruno Le Maire, le ministre de l’économie qui juge cette position « indéfendable », il a par la suite alerté le gouvernement américain. Et pour cause ce choix qu’il qualifie d’indéfendable serait plus coûteux, en plus de créer un drame à la fois social et économique pour la Gironde et la commune de Blanquefort.



Une offre de reprise légitime

Punch, entreprise candidate à la reprise de l’usine, a présenté une offre jugée solide et sérieuse par les représentants de l’Etat et par les salariés. Cette offre s’accompagne également du soutien des pouvoirs publics et d’aides financières supplémentaires destinées à sauver l’entreprise, mais malgré tous ces facteurs, Ford persiste et s’entête à refuser toutes négociations, car pour elle seule la fermeture de l’entreprise reste une solution viable, même si tous les opposants ont démontré avec véracité le contraire. La CGT rappelle quelques chiffres pour souligner le fait que Ford est loin d’être dans la difficulté financière : elle a en effet réalisé 7 milliards de dollars de bénéfice en 2017 et a également bénéficié d’aides extérieures pour son usine à hauteur de 830 euros par salarié et par mois sur 5 ans pour 1000 salariés.

Pour le délégué CGT de l’usine, Philippe Poutou, l’américain Ford refuse de favoriser la solution de la reprise car cela lui coûte moins cher au global, puisqu’une reprise signifie obligatoirement des engagements de Ford pour assurer la transition car le repreneur aurait un plan sérieux mais pas avant trois ans.



Pourquoi sauver l’entreprise ?

Tout d’abord comme Philippe Poutou le dit, le groupe Ford est en plein essor économique, donc a priori aucune raison valable de vouloir liquider une entreprise parfaitement viable et rattrapable. De plus l’usine Ford de Blanquefort représente un des principaux foyers économiques, notamment pour les ouvriers ; en effet, avec la désindustrialisation progressive et les délocalisations massives afin de pouvoir produire plus et moins cher, beaucoup d’usines, notamment en France, ont du mal à tenir le coup et cela induit bien trop souvent de grandes zones de chômage localisé.

Les espoirs sont minces, et le destin de l’usine Ford de Blanquefort semble déjà scellé mais la mobilisation ne faiblit pas, les salariés se sont fait entendre, ils ont le soutien du ministère et du gouvernement, mais aussi celui du maire Alain Juppé. Reste à savoir maintenant si un retournement de situation est possible afin de sauver l’usine.